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      cgilles
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      Il existe actuellement une forte pression de la part des milieux économiques pour relancer au plus vite l’activité : le FMI prévoit une récession pire qu’en 1929 ; en Belgique, Volvo et Audi demandent la reprise de la production ; des responsables d’organisations patronales prévoient que « Il va falloir travailler plus pour relancer l’économie », suggérant la remise en question de la durée de travail ; Air France aurait (source non trouvée) évoqué une révision des taxes sur le kérosène et sur les billets d’avion ; l’industrie du plastique répand de fausses informations sur les vertus de ce matériau comme barrière au virus. Pendant ce temps, de grandes entreprises continuent à verser des dividendes massifs tout en bénéficiant, pour certaines, des aides d’état (https://reporterre.net/Dividences-de-grandes-entreprises-dont-Total-continuent-a-verser-des-dividendes-massifs). Leur vision est clairement celle d’une reprise « comme avant », sans surprise.
      Il ne suffira cependant pas de rouvrir les entreprises pour que l’activité redémarre : beaucoup de matières premières vont manquer du fait de la rupture des lignes d’approvisionnement puisque, pour beaucoup, nous sommes dépendants de pays qui ont vécu au ralenti pendant toute cette période ; les règles de « distanciation sociales » ne sont pas possibles à respecter partout, à moins que l’on décide, au nom de la reprise, de les assouplir, auquel cas on peut se poser la question du sens de ce qu’on a fait jusqu’à présent ; qui va acheter les biens produits dans une situation de crise économique et sociale sans précédent depuis 100 ans ?

      On ne doit pas douter de ce que cette reprise du « business as usual » sera tentée.
      Elle traduit cependant une cécité devant l’évidence qu’il faudra pourtant que ses défenseurs acceptent et, avec elle, des notions qu’ils jugeaient jusque-là avec la condescendance des puissants.
      – Le risque d’effondrement en fait partie. La pandémie a une dimension mondiale ; elle affecte sévèrement nos moyens de production et d’approvisionnement, risque à moyen terme d’entraîner une crise alimentaire (https://www.rtbf.be/auvio/detail_cqfd-ce-qui-fait-debat?id=2623148); les moyens financiers seront prioritairement consacré à la relance économique dont celle des entreprises polluantes comme, par exemple, les compagnies aériennes (25 milliards de dollars prévus par l’administration Trump : https://www.rtbf.be/info/economie/detail_le-tresor-americain-et-les-compagnies-aeriennes-s-accordent-sur-un-plan-de-sauvetage?id=10482248). On ne peut guère douter de ce que l’énormité des sommes consacrée au soutien de l’économie justifiera, aux yeux des politiques, le report sine die de mesures sérieuses contre le changement climatique, qui demanderaient un effort financier comparable voire supérieur mais, surtout, une remise en cause de ce modèle économique que l’on se féliciter d’avoir sauvé. La pandémie est donc le possible premier domino à tomber (https://www.cncd.be/arnaud-zacharie-pandemie-coronavirus-covid-19-revelateur-crises)
      – La difficulté que les services de soins de santé éprouvent dans la situation actuelle (la Belgique, jusque-là très fière de son organisation est en passe de prendre la première place européenne du taux de décès cumulés par population). On n’échappe pas à l’idée que ces carences sont en relation avec les diminutions des moyens alloués au soins de santé depuis des décennies et en particulier sous le dernier gouvernement en Belgique, mais la même démarche a été appliquée chez nos voisins (https://www.bastamag.net/Coronavirus-Covid19-austerite-hopital-reduction-depenses-publiques-historique-lois-soins-sante). Cette logique de rentabilité, dictée par l’idéologie néo-libérale, est clairement remise en cause. Dans leur discours en tout cas, certains dirigeants politiques semblent en avoir pris conscience.
      – La délocalisation à outrance mise en œuvre depuis les années ’80, y compris de la production de médicaments et des moyens de protection, nous a privés de la réactivité nécessaire face à la pandémie ; la dépendance alimentaire dans laquelle nous nous sommes mis nous mettra en situation difficile face à la crise alimentaire qui s’annonce. La relocalisation « n’est plus une option mais une condition de survie de nos systèmes économique et sociaux », survie qui n’en deviendra cependant ni soutenable ni désirable d’ailleurs (https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/22/relocaliser-n-est-plus-une-option-mais-une-condition-de-survie-de-nos-systemes-economiques-et-sociaux_6034010_3232.html).
      – L’allocation universelle, souvenons-nous de la campagne pour les élections présidentielles française en 2017, était considérée par les « gens sérieux » comme une extravagance y compris à gauche (il est intéressant de relire la position des différents candidats : https://www.revenudebase.info/actualites/revenu-universel-positionnement-candidats-election/)
      Le FMI, parmi les mesures qu’il propose, cite « des subventions salariales et de transferts monétaires aux plus vulnérables ; une expansion de l’assurance–chômage et de l’assistance sociale » (https://www.imf.org/fr/News/Articles/2020/04/07/sp040920-SMs2020-Curtain-Raiser). En Belgique, les « droits-passerelles » ne sont pas autre chose qu’une allocation de revenu garanti et des projets qui, à défaut d’être ainsi dénommé, vont vers un revenu universel, sont en train de germer dans différents pays (https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Face-crise-Covid-19-pays-envisagent-revenu-universel-2020-04-08-1201088501)

      Sans vouloir tenter de prédire l’avenir, une évidence s’impose en analysant cette crise sanitaire : on a vu que notre organisation sociétale et économique basées sur la croissance économique et le libre-échange globalisé, joue un rôle non négligeable dans l’émergence des pandémies. Une démarche cohérente impliquerait donc de les revoir.
      Il est souvent plus facile d’aborder un problème, et d’autant s’il est à ce point important, en le fractionnant en ses diverses composantes. Je propose d’adopter cette méthode pour envisager des actions et solutions concrètes. A suivre donc

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